
Ce couple sera bientôt jugé conservateur, pour afficher si ostensiblement son mépris du métissage.
Un visiteur m’a récemment demandé de parler de “l’alternative au moderne”. Pour lui répondre, le “débat” sur l’identité nationale et notre identité tout court tombe plutôt bien.
Cette question d’identité nationale ne devrait pas faire débat. Puisque si il s’agit selon les médias d’un “débat”, la vérité est toute autre. L’évidence de notre identité est aujourd’hui remise en cause. Ce débat n’est qu’une manière de “discuter” notre identité, histoire de lever “un tabou”, comme disent si bien nos médias et nos sociologues. Donc de briser un repère de plus. Un repère tenace. Histoire de pouvoir faire rentrer dans les crânes qu’il faut, pour la forme, de la fermeté, des efforts et de la fierté, mais aussi et surtout, pour le fond, du métissage, de l’autre et de la diversité.
Ce débat est une élégante manière de proclamer qu’on peut maintenant remettre en cause cette identité, quelle est discutable, que tout le monde peut le faire. Il est bien consternant de voir tous ces Français, ignorés superbement par des décennies de propagande médiatique, soudain ragaillardis de se dire qu’enfin, on parle d’eux, de leur situation charnelle. Ils vont jusqu’à prêter leur flanc blessé à vif à ce débat. Ceux-là se trompent. Il s’agit d’une mise à mort.
Disséquer, c’est souvent anéantir. C’est rendre audible, visible, donc enlever la part d’ombre qui fait l’existence du sujet, avant de mieux sectionner l’appendice ainsi mis en lumière. Ce que nous avons construit n’a de compte à rendre à personne. Ni sa lumière, ni ce qui fait sa puissance, c’est-à-dire sa part des ténèbres.
Cette dissection méthodique, obscène et pornographique, c’est la méthode du progressisme pour briser nos repères, pour faire tomber les tabous. Il en sera ainsi jusqu’au tabou de l’inceste, après avoir brisé un à un tous les piliers de l’humanité. Jusqu’à ce qu’enfin tout s’effondre, jusqu’à que nous retombions dans cette animalité horizontale, après l’avoir fuit des millénaires, après avoir si bien réussi à nous élever au dessus.
Il n’y a pas à débattre de ce sujet, comme il n’y a pas à débattre de nos évidences. Il n’y a pas à débattre du patriarcat, de l’autorité, de notre modèle familial, du mérite, de notre ordre, de notre société verticale, de la discrimination naturelle, de la défense de ce que nos anciens ont construit, du mépris envers ceux qui veulent nous l’enlever, de notre méfiance vis-à-vis de l’autre, de la violence légitime dont nous devrions faire preuve pour les renvoyer là d’où ils viennent. Il n’y a pas à débattre de nos choix, de nos sentiments, de notre légitimité évidente, de cet immense cheminement des nôtres qui ont façonné le monde, ces aïeux qu’on méprise aujourd’hui, dont l’héritage est couvert de tombereaux d’insultes.
Le moderne est passé par là, personnifié par des légions de misérables petits festivus anachroniques (a-chroniques), torturés, odieux, fanatiques, incapables de rire ou de penser, horribles visages sans vie de la posthistoire, de la fin du monde, de notre fin à tous. De la Préhistoire à l’après histoire, ils bouclent la boucle.
En revanche, nous devrions débattre de leurs évidences. Du moderne. De leur hyperdémocratie dont ils veulent gaver le monde entier, de leurs Droits dépourvus de la moindre contrepartie et extensibles à tous, de leurs Prides réservées à ceux qui ne sont pas comme nous où qui vivent ailleurs, de leur refus du réel, de leurs lubies transgressives (traduisez stupides), de leur absence de peur de retomber dans l’animalité, de la résurrection des totems, de leur tourisme qui façonne le monde à sa pauvre image, de leur écologie totalitaire, de leur novlangue, de la perpétuelle envie de se foutre (et nous avec) par la fenêtre. De leur envie de mourir. De leur art qui n’existe pas, de leurs lâchers de ballons, de leurs tous-égaux, de leurs flash-mobs, de leur rire contre le racisme, de leur vivre-ensemble, de leurs plaidoyers artistiques pour l’ouverture, pour le métissage et la tolérance. De leurs pleins pouvoirs médiatiques, quand il s’agit de pleurnicher sur trois expulsions ridicules, de leur capacité à faire croire aux gens que la droite gouvernementale est dure, alors qu’elle n’a jamais été qu’un début de demi-molle, et encore, en période électorale. De leur combat pour faire disparaître ce qui reste de notre Histoire, pour nous faire disparaître, au bout du compte, et eux avec. Nous devrions débattre de l’assistanat, du matriarcat, des villes qui deviennent crèches et parcs d’attractions, des campagnes qui deviennent dépendances festives, du travail qui devient loisir, de la nuit qui devient jour, de l’effacement de toutes les frontières, de tous les repères et de toutes les différences, afin que tout ça ressemble enfin à un gigantesque parc d’abstraction, bondé d’êtres interchangeables, sans Histoire, donc sans avenir, qui feront encore semblant de se poser des questions sur l’identité humaine, alors qu’elle aura disparu corps et biens, avec ce qui fait ses fondements, soit la dualité, le conflit, l’imprévu, le doute, l’acceptation du réel, le rejet de l’animalité, la hiérarchisation de tout, la verticalité du monde.
N’oubliez jamais que tous ces gens qui nous répètent sans cesse que nous devrions “changer”, que nous devrions “prendre conscience”, que nous devrions “faire preuve d’humanité”, que nous devrions “aimer et accueillir l’autre”, que nous devrions “respecter les Droits de l’homme” en conchiant ses devoirs, tous ces gens qui ne pensent pas et qui ne rient pas, sont payés pour le faire. Ils ne sont pas que sincèrement débiles, tous ces gens. Ils ont une place au soleil pour l’être. Ce n’est pas le cas des nôtres. Parce que nous sommes l’évidence et qu’ils sont les imposteurs.
C’est à nous de placer ces vampires dans la lumière, pour les renvoyer là d’où ils viennent. Mais c’est à nous aussi d’user de notre arme de destruction massive, de celle qu’ils n’utilisent pas, qu’ils ne possèdent pas, qui est la preuve qu’ils sont déjà morts.
Rions, les amis. Rions de ces misérables êtres qui prétendent foutre en l’air des millénaires de travail avec leurs lâchers de ballons et leurs patins à roulettes. Que nos rires se répandent à tous, qu’ils nous sauvent, et rejettent enfin ces misérables dans le monde irréel qu’ils ont si bien créé. Rions nettement de leurs sottises, rions leur au visage, à tous ces visages torturés par la confusion, le paradoxe et la névrose. Rions de ces festivus qui ne comprennent rien à rien, rions sans pitié de leurs mares de souffrances dans lesquelles ils se vautrent, rions sans retenue de leur nombrilisme, de leur engeance, de leur façon qu’ils ont de se prendre pour la relève du monde, pour l’intelligence ultime, aboutie, surhumaine, alors qu’ils ne sont que les reflets déjà décadents d’un monde en suspens, qui a récemment cessé de travailler pour se regarder le nombril, pour se refaire une beauté, avant de dévaler maintenant la pente. Mouvement dont ils se réjouissent, parce qu’il avance, parce qu’il progresse. Ce n’est jamais qu’une chute. C’est à nous de chasser ces imposteurs du gouvernail, d’être violents, impitoyables, de tout leur reprendre et de leur donner enfin tout le mépris qu’ils méritent.
Notre alternative au moderne est évidente. Il faut “débattre” de ce moderne, ne plus rien laisser passer, ne plus rien laisser se faire sans décortiquer et écrire son insondable stupidité, expliquer sans relâche la catastrophe abyssale qu’il représente, mépriser ses séides et railler ses chiens, et simplement demeurer ce que nous sommes, à notre place, sur cette terre qui tourne si mal.









